Prédications
HOMÉLIE DE NOËL 2007 décembre 2007 Dimanche de la Pentecôte Dimanche prochain nous fêterons notre Dieu, Père Fils et saint Esprit, fête de la Sainte Trinité. Aujourd’hui, nous célébrons l’Esprit Saint. 27 mai 2007 3ème dimanche du Temps pascal :L’amour pour Jésus, fondement d’une action vivifiante. 22 avril 2007 Homélie du dimanche 18 février 2007 18 février 2007 Sacrement des malades
HOMÉLIE DU 11 FEVRIER 2007 11 février 2007 Dimanche de l'Epiphaniehomélie du père Alain STEIGER 7 janvier 2007 2ème dimanche de l’AventHomélie du Père Alain STEIGER 10 décembre 2006 Dimanche
5 novembre 2006
Homélie du Père Alain STEIGER 5 novembre 2006 Ascension 2006
Homélie du Père Alain STEIGER Jeudi 25 mai 2006 ASCENSION homélie du père Alain Steiger 5 mai 2005 6ème Dimanche de Pâques Jean 14,15 1er Mai 2005 5ème Dimanche de Pâques André L'Hénoret, prêtre 24 Avril 2005 3° Dimanche de PâquesC'est un des plus beaux textes de St Luc : à deux heures de marches de Jérusalem, on a vraiment essayé de retrouver et de localiser Emmaüs, mais personne n'a pu découvrir où se trouvait ce village. Ce fait même est plein de signification : n'importe où dans le monde, on peut se trouver sur la route d'Emmaüs, là où peut se produire la rencontre avec le Christ vivant. Nous sommes aussi sur cette route et St Luc a magnifiquement écrit cette histoire pour nous. 10 Avril 2005 Dimanche de PâquesIl y a une affirmation de notre credo qui est souvent mal comprise : "Je crois en la résurrection de la chair et à la vie éternelle." Si le credo ne parle pas de la résurrection des corps mais de la chair c'est que l'Eglise reprend un terme biblique, la chair, qui en hébreu n'est jamais opposé à l'esprit. La chair, c'est l'homme tout entier, avec sa faiblesse, sa fragilité et ses limites mais aussi avec son enracinement dans la nature, dans un milieu et dans sa race. La chair, et donc l'homme se compose aussi de toutes ses relations avec les personnes et les choses. 27 Mars 2005 5°Dimanche de CarêmeDans l'existence mouvementée et difficile de Jésus, surtout dans les derniers temps où il était obligé de se cacher, Béthanie était son lieu de repos, l'endroit où il pouvait souffler un peu et bavarder tranquillement avec ses amis. St Jean dans son évangile est le disciple qui nous parle le mieux du Christ, Verbe de Dieu, Fils unique du Père et en même temps celui qui nous présente Jésus avec toute sa dimension humaine. On sait ainsi grâce à lui que Jésus eut des amis très chers, dont deux femmes. Cette simple phrase de Jean nous le dit :"Jésus aimait Marthe et sa soeur aisni que Lazare." 13 Mars 2005 4° Dimanche de CarêmeCet évangile de l'aveugle-né que nous venons d'entendre dans son entier est une manifestation de plus de Jésus sauveur de l'homme. Sauver, c'est vaincre le mal et aider l'homme à s'épanouir, à vivre, à devenir un être libre, une personne de relation et de communion. 6 Mars 2005 Homélie de Joseph GeourjonDimanche dernier, 1er dimanche de Carême, les tentations de Jésus mettaient en avant sa nature humaine . Aujourd’hui la transfiguration nous présente sa nature divine et c’est un peu plus difficile à comprendre, preuve s’il en était besoin que nous sommes encore plus humains que divins ; voilà pourquoi Jésus recommande à ses 3 compagnons de ne pas en parler avant sa mort et sa résurrection qui sont la clé de tout cela. 20 Février 2005 Homélie du P. Alain Steiger 1er dimanche de Carême 13 Février 2005 3ème dimanche ordinaire Homélie de André L’Henoret, prêtre, le dimanche 23 janvier 2005 à Saint-Abert-le-Grand 23 Janvier 2005 Homélie pour les obsèques d’Olivier LEMANT
le vendredi 21 janvier 2005 par le Père Alain STEIGER 21 Janvier 2005 Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde Homélie de André L’Hénoret, prêtre, le dimanche 16 janvier 2005 à Saint-Albert-le-Grand 16 Janvier 2005 La Ste Famille Homélie de Joseph Geourjon, prêtre, le dimanche 09 janvier 2005 à Saint-Albert-le-Grand 9 Janvier 2005 Homélie de André L’Henoret prêtre, le dimanche 26 décembre 2004 à Saint-Albert-le-Grand(La Ste Famille)
Nous avons entendu les titres ronflants que le prophète Isaïe donnait au Messie qu’attendait Israël : " Merveilleux-conseiller, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la paix, son pouvoir s’étendra, la paix sera sans fin pour son Royaume. " Quel contraste avec l’annonce de l’ange faite aux bergers de Bethléem : " Aujourd’hui vous est né un sauveur, il est le Messie, le Seigneur, et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. "
Israël attendait un roi puissant comme le fut le roi Salomon ; un roi qui lui rendrait sa gloire et sa puissance. Et le signe qui lui est donné : un bébé fragile couché dans une mangeoire parce qu’il n’y avait plus de place dans les maisons. Ça commence mal ! !
Dieu sait ce qu’il fait. Dieu sait que devant un petit enfant, l’être humain, s’il est resté un tant soit peu humain, va s’émerveiller, s’attendrir. Il va faire taire son agressivité, sa méchanceté ; il va retrouver son sourire. Dieu sait que devant un petit enfant tout l’amour de l’homme va se réveiller. Toutes ses forces d’amour vont se mobiliser pour l’accueillir et se mettre à son service pour le protéger, le réchauffer, le nourrir et le faire grandir. Dieu connaît le cœur de l’homme et ce qu’il veut c’est réveiller toutes les forces d’amour qui se trouvent dans le cœur de l’homme. C’est cela la volonté de Dieu. La seule volonté de Dieu c’est réveiller l’amour pour que règne l’amour.
Ce petit enfant devenu adulte continuera à déconcerter ses contemporains et continue à nous déconcerter, en nous révélant qui est Dieu. Devenu adulte, il dira à ses disciples : " Vous m’appelez maître et Seigneur et vous dites bien car je le suis. Et bien moi, le maître et Seigneur, je vous lave les pieds. Cet enfant devenu adulte se fera acclamer par la foule comme un roi : " Hosanna au plus haut des cieux ! Hosanna fils de David. " Mais il refusera qu’on le fasse roi et il entrera dans Jérusalem monté, non pas sur un cheval, mais sur un ânon dérisoire.
Ce petit enfant devenu adulte se fera l’égal de Dieu : " Qui m’a vu, a vu le Père ". Jésus nous donne une image de Dieu bien différente de celle que nous nous faisons souvent. Il révèle qui est Dieu et remet en question toutes les caricatures que nous nous faisons de Dieu. En regardant Jésus Christ image de Dieu parmi nous, nous découvrons que Dieu n’est pas ce monarque absolu et solitaire qui impose sa volonté aux hommes et aux choses. Nous découvrons que Dieu n’est pas ce justicier qui distribue récompenses et châtiments. Nous découvrons que Dieu n’est pas ce magicien qui d’un coup de baguette pourrait mettre fin aux injustices, aux violences, aux guerres. En regardant Jésus Christ, image de Dieu nous découvrons que Dieu n’est pas ce défenseur de l’ordre auquel aucune volonté ne doit résister sous peine de châtiment.
Jésus Christ est la négation de ce Dieu là. Le Dieu que nous révèle Jésus Christ est un Dieu qui sert humblement, un Dieu qui refuse de condamner, un Dieu qui n’impose rien, mais qui réveille en nous ce qu’il y a de meilleur. Devant Jésus Christ, image de Dieu, cette femme pécheresse que les pharisiens veulent lapider se relève. Devant Jésus image de Dieu, Zachée le profiteur va distribuer ses biens aux pauvres, le centurion romain, ce païen va s’écrier : " Celui-ci était le fils de Dieu ". Le brigand crucifié à côté de Jésus va s’écrier : " Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume ". Devant Jésus Christ les grands prêtres et les pharisiens vont craindre pour leur pouvoir. Pilate le représentant du tout puissant empereur va être ébranlé. A aucun de ces gens-là Jésus ne va imposer quoi que ce soit. En regardant Jésus Christ, image de Dieu, nous ne pouvons plus dire que Dieu est tout puissant sans ajouter aussitôt qu’il s’agit de la toute puissance de son Amour. Toute puissance qui ne s’impose jamais. Dieu n’est pas un pouvoir qui s'impose mais un amour qui se propose.
Frères et sœurs, l’Histoire nous apprend que toutes les sociétés fondées par la force et s’imposant par la force, s’écroulent tôt ou tard. À la moitié du XXème siècle nous avons vu s’écrouler dans le sang et les larmes l’empire fondé sur le racisme et qui voulait régner sur le monde. À peine était-il abattu qu’un autre empire fondé sur le matérialisme athée voulait imposer par la force une société plus juste ; il se pervertit en devenant une dictature sanglante !
En défiant le christianisme, Staline disait : " Le pape, combien a-t-il de divisions ? " Le pape n’a pas eu besoin de divisions pour faire trembler ce tout puissant empire qui voulait dominer le monde. Le pape n’a pas eu besoin de divisions pour voir s’écrouler cet empire comme un château de cartes. À peine cet empire s’est-il écroulé que nous voyons apparaître une idéologie plus montreuse : celle qui se sert de Dieu en voulant imposer un ordre soit disant voulu par une caricature de Dieu, un Dieu qui ordonnerait la violence, qui s’imposerait par la terreur et récompenserait les assassins ! Cette idéologie est encore plus monstrueuse que la précédente parce qu’elle n’a même pas l’excuse de chercher la justice et le partage. Son but est d’imposer le pouvoir machiste de fanatiques. C’est la perversion même de la religion. Toutes les religions appellent à servir Dieu pour mieux servir les autres et non à se servir de Dieu pour les asservir.
Frères et sœurs, à cette question : " Qui est Dieu ? ". À tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui crient vers Dieu leur souffrance et leur espérance, une réponse est apportée en ce soir de Noël : " un signe nous est donné. Vous trouverez un nouveau-né couché dans une mangeoire. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ! "
La puissance de l’Amour de Dieu nous est donnée par cet enfant pour abattre les barrières, pour scier les barrières qui séparent les peuples, pour transformer nos relations tordues en relations vraies et aimantes.
Frères et sœurs, accueillons ce soir cet enfant qui nous donne son Esprit Saint et qui nous dit : " Si vous croyez en moi vous ferez les choses que j’ai faites, vous en ferez même de plus grandes. Courage j’ai vaincu le monde ! "
Alain Steiger
Il est relativement facile de parler de Jésus, parce que c’est un homme. Nous connaissons ses paroles, sa vie. Il est l’un d’entre nous. Parler du Père c’est déjà plus difficile, bien qu’on s’en fasse des images. Des images trompeuses, mais il faut bien utiliser des images pour en parler. Mais l’Esprit Saint ? Là nous sommes bien pauvres, à part la colombe qui ne nous apprend pas grand-chose, les images sont plutôt rares… et c’est peut-être mieux ainsi. Ne cherchons pas à donner une définition de l’Esprit Saint. On ne définit pas l’infini ! Par contre, on peut repérer sa présence. On peut ressentir ses effets.
C’est lui, l’Esprit Saint, qui tombe sur les 12 apôtres le jour de la Pentecôte et qui s’empare de ces hommes paralysés par la peur, barricadés et n’osant pas sortir. C’est lui, l’Esprit Saint qui leur communique cette force, ce souffle, ce courage, ce culot de sortir et de crier la Résurrection de Jésus.
L’Esprit Saint c’est lui le créateur : " Veni creator Spiritus ". C’est lui l’Intelligence créatrice, la puissance créatrice. Le premier livre de la Bible commence par cette phrase " Au commencement l’Esprit de Dieu planait sur les eaux ". Il était là dès le commencement ; avant même le commencement… en supposant qu’on puisse imaginer qu’il y ait un " avant " le commencement ! C’est Lui qui créé sans cesse car la création est un acte du présent. La création n’est pas finie ; elle avance vers son terme, vers sa perfection, et c’est Lui qui la mène vers son terme.
Le livre de la Genèse nous montre aussi Dieu insufflant son souffle en Adam en lui soufflant dans les narines ! Dieu communique à l’Homme son souffle de vie, sa vie. Son souffle c’est l’Esprit Saint ! C’est Lui qui fait que nous sommes à l’image de Dieu. Et l’Esprit Saint est tellement uni à l’esprit de l’homme que saint Paul écrit : " C’est l’Esprit Saint qui fait dire à mon Esprit : " Abba, Père " en parlant à Dieu. C’est-à-dire que c’est l’Esprit Saint qui permet à mon esprit de comprendre et de proclamer que Dieu est Père, que Dieu est Amour et que Jésus est Fils de Dieu.
Souvenons-nous du dialogue entre Jésus et Pierre " Pour vous qui suis-je ? " demande Jésus à ses disciples. Et Pierre répond : " Tu es le Messie, le fils de Dieu vivant. Alors Jésus dit à Pierre : " Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père. " Autrement dit : " Tu n’as pas trouvé cela tout seul, c’est l’Esprit qui te l’a soufflé ".
Sans l’Esprit Saint, notre cœur, notre âme, notre intelligence ne pourraient pas trouver tout seul que Dieu est Père, que Dieu est Amour et que Jésus est Fils de Dieu.
L’Esprit Saint c’est Celui qui parfois va mettre dans notre bouche des paroles, des prières qui jaillissent spontanément et qui vont nous étonner nous-mêmes ! Qui ne se souvient avoir dit un jour une parole qui lui semblait anodine et que quelqu’un va lui ressortir des années plus tard ? " un jour tu as dit telle parole ! " C’est l’Esprit Saint qui travaille, c’est lui qui transforme, qui convertit, c’est Lui qui appelle tous les grands personnages de l’Ancien Testament d’Abraham à Jean-Baptiste, c’est Lui qui permet que Marie enfante le Fils de Dieu. C’est lui qui descend sur Jésus le jour de son baptême ce qui s’empare de lui pour en faire l’oint du Seigneur. Jésus le dit lui-même en citant le prophète Isaïe : " L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a consacré ". C’est Lui qui communique ce souffle qui depuis vingt siècles permet à des milliers d’hommes et de femmes d’être des témoins de la Résurrection, témoin de l’amour de Dieu parfois jusqu’à la mort. C’est lui qui tombe sur le vieux Jean XXIII qui, à 80 ans, va lancer le Concile Vatican II. C’est Lui qui va pousser l’Église de Jean XXIII et de Paul VI à ouvrir portes et fenêtres et à respirer l’air du monde. C’est Lui qui va montrer à l’Église qu’elle ne peut pas rester enfermée sur elle-même et qui lui fait découvrir qu’Il agit aussi hors de l’Église, dans le monde, dans les autres églises, dans les autres religions, et chez tous les hommes de bonne volonté.
C’est Lui, l’Esprit Saint, qui fait tomber les murs et les dictatures comme des châteaux de cartes. C’est Lui qui amène les peuples à faire la paix, à s’unir. C’est Lui qui mène le monde vers son unité malgré les résistances des hommes, malgré la bêtise des hommes, malgré le péché des hommes.
C’est Lui l’énergie créatrice, l’énergie nouvelle présente au cœur du monde et qui mène la création vers son but, vers le Royaume de Dieu. " Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit fait jaillir des énergies nouvelles ! "
Frères et sœurs, ne disons plus que nous ne connaissons pas l’Esprit Saint, car nous serions semblables à ces idoles dont parle le Psaume : " Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, un nez et ne sentent pas. " L’Esprit Saint ne s’apprend pas dans les livres. Il est au cœur du monde, il est dans le cœur de l’Homme, parfois aussi discret qu’une brise légère, parfois violent comme une tornade. Il nous faut apprendre à le reconnaître.
PÈRE ALAIN STEIGER
Chers frères et soeurs,
C’est la première fois que je célèbre l’Eucharistie comme prêtre avec la communauté de saint Albert ; j’en suis heureux car j’ai habité plusieurs années sur cette paroisse. Mes parents fréquentent toujours la paroisse. Pouvoir célébrer là où le Seigneur m’a nourri est une source de grâce. Je vous dis ma joie et vous remercie de votre accueil.
Nous célébrons aujourd’hui la Résurrection du Christ. Découvrir la bonté de Dieu est pour nous source de paix. " La foi nous rassure, c’est indéniable, et il n’y a pas à en rougir, comme s’il était plus intelligent de n’avoir pas ressenti l’angoisse ou plus noble de ne pas vouloir en être délivré ". Mais, ajoute le cardinal Henri de Lubac, " elle rassure l’homme en l’établissant dans la vérité et pour lui communiquer une inquiétude supérieure ". Cette inquiétude est celle de notre action : nous avons reçu la vie de Dieu, qu’allons en faire ? Il faut agir. Mais comment mon action peut-elle être source de vie ?
C’est bien la question de Simon-Pierre. Il a rencontré le Seigneur ressuscité, et il veut se montrer fidèle à sa mission de " pécheur d’hommes ". Alors il se lève, prend ses filets et entraîne d’autres apôtres à sa suite. La " pêche " est le symbole de cette action que le disciple veut mener à bien. Chacun de nous cherche à bien agir. Notre action peut être le reflet de la vie reçue à Pâques. Notre action peut être belle, noble, vivifiante.
Mais nous agissons dans " la nuit ". Comme Simon et les apôtres, le théâtre de notre action est la nuit. Notre projet est grand ; mais nous nous heurtons parfois à l’échec. Nous découvrons bientôt nos limites. Il est difficile d’agir.
Alors, dans notre nuit, le Seigneur vient à notre rencontre. " Jésus était là, sur le rivage ". Le Seigneur Jésus va indiquer à Simon où trouver du poisson. Il vient à son aide, pour que son action soit vivifiante. Le Seigneur propose à chacun de nous son aide. Le Seigneur nous aide en nous communiquant son Esprit. L’Esprit de Dieu est un Esprit de force et d’intelligence, un esprit d’audace et de sagesse. Nous pouvons demander au Seigneur de nous guider dans notre action. Faut-il plutôt faire ceci ou cela ? Comment mener à bien ce projet, comment résoudre cette difficulté dans ma famille, dans mon travail ? Le Seigneur vient nous aider, il vient nous indiquer comment faire et où " jeter le filet ". N’ayons pas peur de demander son aide au Seigneur : dans la prière, demandons de savoir discerner comment orienter et mener notre action.
Le Seigneur nous donne également un critère pour découvrir si notre action va porter du fruit. Vous avez peut-être remarqué que le nombre de poissons attrapés dans le filet. Il y en a 153. Pourquoi ce chiffre ? A l’époque de Jésus, on dénombrait 153 nations. Il y avait 153 poissons, et " le filet ne s’était pas déchiré " : voilà un signe que l’action est appelée à être source d’unité. Une action belle et bonne, une action vivifiante, ancrée dans le Christ, est capable de tenir ensemble des hommes et des femmes parfois très différents.
Notre action reçoit du Seigneur Jésus de porter du fruit. Mais il nous faut pour cela nous établir toujours plus profondément dans l’amitié du Christ. Par trois fois Jésus demande à Pierre : " Simon, m’aimes-tu ? ". Et, seulement après, Jésus confirme sa mission de berger.
Notre action porte du fruit si elle est enracinée dans un amour véritable pour le Christ. Car alors le Seigneur vient à nous et nous guide dans notre volonté de bâtir et de construire une action vivifiante. " M’aimes-tu ? ". Le Seigneur vient près de nous et nous pose cette question. Prenons le temps d’entendre cette question : " M’aimes-tu ? ".
Prenons le temps de considérer notre Seigneur, de le regarder, de contempler ce qu’il a fait pour nous. Laissons l’amour pour le Christ remplir notre cœur. Alors nous pourrons lui répondre : " Tu sais bien que je t’aime ". Que notre amour pour Jésus grandisse, et notre action sera un geste de reconnaissance, porteur de vie et d’amour. Amen.
François-Xavier Desgrange
Après avoir beaucoup aimé David au point de lui donner sa fille aînée, Saul désire le tuer. Il le pourchasse dans le désert. Mais c’est David qui , par deux fois a l’occasion de tuer Saul ; et cependant il l’épargne . Il l’épargne ni par opportunisme ni par bonté d’âme, mais par respect du choix de Dieu ! Saul est l’élu de Dieu, il a été oint comme roi.
A l’exemple du psalmiste qui dit que le Seigneur est tendresse et pitié on peut dire que David l’est un peu, même s’il est encore loin de la demande de l’évangile. Dans l’évangile Jésus y va fort !Après les béatitudes, il nous propose quelque chose de tout à fait spécifique ; pardonner à ses ennemis faire du bien à ceux qui nous font du mal ! c’est déjà très difficile, mais alors tendre l’autre joue après avoir été frappé c’est de l’ordre de la folie ou de la lâcheté pris au pied de la lettre! Cette phrase est souvent citée pour disqualifier les chrétiens, c'est-à-dire pour leur reprocher de laisser faire, de ne pas réagir face à certaines situations. En fait Jésus veut nous dire de ne pas baisser la tête mais de la relever pour désamorcer la violence et amener l’autre, celui qui nous agresse à se calmer et à s’interroger. On sait bien que la violence engendre la violence…la conduite auto en est souvent un bel exemple !
Les 2 phrases acceptables par tous sont :
" ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites le aussi pour eux et ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. " Ne pas juger ne signifie pas mettre tout sur le même plan, nous savons bien qu’il y a des choses qu’on ne peut pas laisser passer qu’il s’agisse de paroles ou d’ actes...
Le Christ, lui, n’a jugé personne sauf certains pharisiens et certains scribes et il est allé jusqu’au bout de son message; alors qu’il était innocent, il s’est laissé condamné, insulté, frappé, crucifié et il a pardonné . Il est à remarquer que l’amour dont il s’agit ici n’est pas l’agapé cet amour parfait qui implique le don de soi, le partage…c’est plus près de la bienveillance, de l’estime. Nous sommes donc appelés à imiter le Christ, à nous dépasser… c’est un chemin de perfection et de conversion qui demande du temps et l’aide de l’esprit saint. Nous sommes invités, par exemple, à mieux écouter l’autre, à questionner nos réactions et les siennes. Ne sommes-nous pas parfois plus sensibles aux apparences, à la forme qu’au fond c'est-à-dire à ce qui est dit ou fait ? …procès d’intention, délit de faciès sont des choses que nous connaissons, et nous pratiquons plus facilement la tolérance que la véritable compassion !
Prendre conscience de l’amour et de la tendresse de Dieu est le premier pas. Réaliser ensuite que nous sommes crées à son image et qu’avec son aide nous pouvons lui ressembler. C’est qu’en effet comme le dit Paul nous sommes à l’image du premier Adam, celui qui est pétri de terre, embourbés, mais grâce au deuxième Adam venu du ciel nous appartenons au ciel et là, terre et ciel se rejoignent.
En conclusion, nous pouvons faire nôtres ces paroles d’intercession : Seigneur, quand domine la haine, que nous annoncions l’amour, quand blesse l’offense, que nous offrions le pardon, quand sévit la discorde, que nous bâtissions la paix, quand s’installe l’erreur, que nous proclamions la vérité, quand paralyse le doute, que nous réveillions la foi, quand pèse la détresse, que nous ranimions l’espérance, et quand règne la tristesse, que nous libérions la joie.
J’aime bien le " nous " qui figure dans chacune de ces expressions et cela me fait penser à un dessin que j’ai vu hier où un chrétien demande à Dieu de veiller sur les SDF, les chômeurs, les mal logés… et Dieu qui lui répond : " j’allais te demander exactement la même chose ! "
Joseph Geourjon
Nous venons d’entendre une fois de plus ces paroles du Seigneur qu’on appelle les béatitudes et que nous avons mises en valeur sur le mur de notre église.
Nous le savons, ces paroles du Seigneur sont parfois mal comprises et ont parfois amené les chrétiens à glorifier la souffrance. Alors, il faut être clair et redire très fort :
ß La misère est un mal qu’il faut combattre
ß La maladie est un mal qu’il faut combattre
ß La souffrance est un mal qu’il faut combattre.
Dieu ne veut pas la misère. Dieu ne veut pas la maladie. Dieu ne veut pas la souffrance.
Quand le Seigneur dit : " Heureux, vous les pauvres ". Il nous appelle au détachement et non à la misère. Il nous appelle à l’humilité. Le pauvre selon Dieu, c’est celui qui accepte d’avoir besoin des autres. C’est celui qui accepte de remettre sa vie entre les mains du " Tout-autre. " Le pauvre selon l’Évangile c’est celui qui n’est pas repu, qui n’est pas rassasié par les biens matériels, mais qui a faim et soif d’amour, de paix, de justice, de santé et qui attend cela des autres et du " Tout-autre.
Chers amis qui demandez aujourd’hui le sacrement des malades dans la communauté paroissiale, à cette messe dominicale, vous posez un acte de pauvreté : vous lancez un appel à l’Église, à la paroisse, à vos frères et sœurs chrétiens. Vous lancez un appel au Seigneur Lui-même. Vous dites à Dieu, à l’Église, à vos frères et sœurs : " J’ai besoin de vous, j’ai besoin de Dieu et des autres pour continuer ma route. J’ai besoin de la force de Dieu et de l’aide de mes frères pour m’aider à vivre ! Pour m’aider à vivre ce nouvel état de vie qui est le mien. J’ai besoin de la force de Dieu pour me réconcilier avec mon corps que j’ai du mal à reconnaître car il ne m’obéit plus comme avant. "
Par ce sacrement, vous demandez à Dieu sa force pour que votre maladie, votre handicap, votre souffrance, ne vous écrasent pas, mais au contraire qu’ils soient l’occasion pour vous de grandir dans la foi, dans la sérénité, dans l’amour.
La grâce de ce sacrement ça sera la force de ne pas vous laisser abattre, la force de ne pas vous résigner, la force de lutter contre la maladie, mais aussi la sagesse et la grâce de la vivre sans révolte. La révolte est toujours mauvaise conseillère et n’apporte ni la paix, ni la sérénité, ni la joie, au contraire elle entretient la rancœur et l’amertume. La grâce de ce sacrement ça sera de rejeter aussi bien la révolte que la résignation. La grâce de ce sacrement ça sera de vous faire grandir dans la pauvreté évangélique, c’est-à-dire le détachement. Le détachement qui n’est ni l’indifférence, ni le repli sur soi, mais le détachement qui vous rend libre et disponible ! Car si vous avez besoin des autres, les autres ont besoin de vous !
L’Église a besoin de vous. L’Eglise compte sur vous. Elle a besoin de vous, nous avons besoin de vous, de votre prière, de votre amour, de votre exemple, de votre espérance, de votre foi, de votre sourire, de votre sainteté.
Vous qui maintenant échappez un peu au rythme trépidant de la vie moderne. Vous qui ne portez plus le poids des responsabilités professionnelles et familiales, vous avez un rôle très important à jouer : celui de nous redonner le goût du calme, du silence, de la prière. Vous avez à nous faire partager votre expérience humaine et spirituelle.
Nous avons besoin que vous rayonniez la paix, la sérénité, l’attention aux autres. Nous avons besoin de percevoir sur votre visage, le visage du Seigneur. Un visage qui reflète l’amour. Donnez-nous cela ! Merci.
Alain Steiger
Le folklore qui accompagne cette fête, avec ses galettes et ses rois est tel que le message et le sens de cette fête sont trop souvent oubliés par les chrétiens eux-mêmes.
Le sens et le message de cette fête sont exprimés clairement dans la 2ème lecture tirée de la Lettre aux Éphésiens. Ce message, saint Paul l’appelle " un mystère ". Ce mot revient trois fois " Par révélation, dit saint Paul, Dieu m’a fait connaître le mystère du Christ. Ce mystère, il ne l’avait pas fait connaître aux hommes des générations passées. Ce mystère c’est que les païens sont associés au même héritage dans le Christ Jésus ".
Autrement dit : Devenir enfant de Dieu en appartenant au peuple de Dieu n’est pas réservé aux juifs mais à tout homme. Voilà le sens de la fête d’aujourd’hui.
L’Évangile nous présente ces " mages venus d’Orient ". Si nous nous en tenons à l’Évangile et rien qu’à l’Évangile, vous noterez qu’ils ne sont ni rois, ni trois… Ils sont peut-être deux, peut être cinq ? Ce sont des mages, des savants, des astrophysiciens. Ils cherchent à connaître les étoiles. Ce sont des chercheurs et comme tout chercheur, ils ne savent pas ce qu’ils cherchent. Ils sont ouverts à tout. Ils ont soif de connaître et lorsqu’ils aperçoivent cette étoile étrange, ils se mettent en route. Ils quittent leur pays et partent à l’aventure…
Arrivés à Jérusalem, ils consultent les autorités juives. Ces païens, c’est-à-dire, ces non-juifs se renseignent auprès des gens compétents, les spécialistes de l’Écriture, les prêtres, les scribes, ceux qui savent. On leur indique alors que le messie doit naître à Bethléem. Alors ils repartent jusqu’à ce qu’ils trouvent l’enfant.
Et, pendant ce temps-là à Jérusalem, les spécialistes de l’Écriture, les responsables de la Religion, ceux qui les ont renseignés, ceux qui savent, les prêtres et les scribes ne bougent pas.
Personne ne se dérange, personne n’a envie d’aller voir… Ils sont installés dans leur système, installés dans leur certitude. La seule chose qu’ils craignent c’est de perdre leur pouvoir et leur influence.
Autour de l’enfant Jésus qui vient de naître, tous les éléments du drame qui se déroulera trente ans plus tard sont en place… Ceux dont la mission est de guider le peuple de Dieu, ceux qui sont les gardiens de l’Écriture, les gardiens de la Parole de Dieu sont figés dans leur conviction, sûrs d’eux-mêmes, sûrs d’avoir la vérité, sûrs de connaître la volonté de Dieu. Ils ne cherchent plus depuis longtemps, ils sont tellement sûrs d’avoir trouvé. Ils sont devenus aveugles, incapables de reconnaître l’envoyé de Dieu et ils vont se déchaîner contre lui.
Ce sont les païens, les chercheurs de Dieu, les hommes de bonne volonté qui vont reconnaître le roi messie et qui vont l’adorer. Ce sont eux qui vont devenir le nouveau peuple de Dieu.
Les prophètes avaient depuis longtemps répété, sans succès, que tous les hommes étaient appelés à former le peuple de Dieu. Mais le peuple choisi enfermé dans ses principes, dans ses traditions, dans ses sécurités avait fermé ses oreilles et verrouillé son cœur.
Les " mages venus d’Orient " préfigurent le nouveau peuple de Dieu, ouvert à tous et que saint Paul contribuera à édifier tout le long de son ministère. On dit souvent que l’Église est née le jour de la Pentecôte. On peut dire aussi qu’elle est déjà là en germe le jour où les " mages venus d’Orient " sont venus adorer l’enfant Jésus.
Frères et sœurs gardons-nous de croire que nous sommes meilleurs que nos Pères dans la foi. Gardons-nous de croire que le nouveau peuple de Dieu est meilleur que le peuple initialement choisi. L’Église n’est pas à l’abri de fermer ses oreilles et son cœur. Nous courons sans cesse le risque de nous croire arrivés. Nous courons le risque de nous installer, de nous enfermer dans nos systèmes, nos traditions, nos lois. Nous courons le risque de fermer nos cœurs à l’Évangile, de croire que nous avons la vérité, de croire que nous sommes détenteurs de la volonté de Dieu. Nous courons le risque de confondre nos traditions, nos lois avec la volonté de Dieu. Nous courons le risque de confondre notre civilisation occidentale avec le plan de Dieu. Nous courons le risque d’être plus les défenseurs de la morale que d’être témoins de la miséricorde de Dieu.
Frères et sœurs, en ce début d’année, formulons nos vœux pour l’Église : Église de Jésus Christ tu es notre mère, toi qui nous as transmis la foi des apôtres, nous te souhaitons d’être UNE, c’est-à-dire de rassembler en ton sein tous nos frères qui croient en Jésus Christ, de rassembler dans une même communion toutes les expériences diverses de la foi en Jésus Christ. Nous te souhaitons d’être apostolique c’est-à-dire fidèle à la foi reçue des apôtres, à la foi de l’Évangile. Nous te souhaitons d’être catholique, c’est-à-dire d’accueillir en ton sein toutes les civilisations, toutes les cultures, toutes les sensibilités. Alors tu seras belle notre mère et universelle et la parole du prophète Isaïe deviendra réalité : " Les nations marcheront vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux, regarde autour de toi, tous ils se rassemblent, ils arrivent, tes fils reviennent de loin, alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. "
Saint Luc prend bien soin de nous montrer l’enracinement de Jésus dans l’histoire et la géographie du monde. Jésus n’est pas un parachuté venant de nulle part, une sorte d’extraterrestre ou de citoyen du monde apatride qui posséderait le plus petit dénominateur commun à tous les hommes. C’est un être humain à part entière qui appartient à une époque, à une terre, à une culture.
Le mystère de l’Incarnation exige que nous acceptions que Jésus comme chacun de nous soit un humain limité. Limité dans le temps et dans l’espace ; riche de sa culture et par là même limité par sa culture, riche de son époque et par là même limité par son époque. Né d’une femme dans cette partie du vaste empire romain. Il commence son ministère sous le règne de l’empereur Tibère. Le royaume qui fut celui d’Hérode le Grand est alors partagé en trois : une partie revenant à Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand. Une autre partie à Philippe, fils également d’Hérode le Grand. Tous les deux étant étroitement surveillés par Rome. Au sud la Judée est placée directement sous l’autorité d’un procurateur romain qui à l’époque de Jésus se nomme Ponce Pilate.
Après les autorités politiques, Luc nomme les autorités religieuses : Caïphe le grand prêtre et son beau-père Anne, ancien grand prêtre limogé par le procurateur et qui de ce fait jouissait d’un grand prestige.
Voilà le décor planté, bien localisé dans l’espace et le temps. C’est la première venue du Christ dans le monde, car saint Bernard distingue trois venues du Christ. La première c’est celle que nous venons d’évoquer : la venue au monde de Jésus de Nazareth il y a vingt siècles. Avec Jésus le royaume de Dieu attendu par Israël, annoncé par les prophètes, ce royaume est inauguré ; planté au milieu des hommes comme une graine dans la terre. " Le Royaume est parmi vous " dira Jésus. Le royaume est là au milieu de ses contemporains parce que dans sa personne, Jésus réalise enfin l’harmonie totale entre l’humanité et la divinité.
À la fin des temps le Christ reviendra comme il l’a annoncé. C’est sa 3ème venue. Il reviendra pour établir définitivement le Royaume de Dieu. Entre la première venue de Jésus sur la terre il y a 20 siècles et sa venue à la fin des temps, il y a ce temps que nous vivons depuis l’Ascension. Ce temps où le Christ veut continuer à être présent dans le monde : c’est sa 2ème venue. Aujourd’hui et chaque jour il se rend présent au monde par nous grâce à son Esprit. Il nous revient de faire croître le Royaume, de faire germer la graine plantée par Jésus de Nazareth il y a 20 siècles ?
L’Avent c’est ce temps que l’Église nous donne chaque année pour nous rappeler qu’il nous faut travailler à l’accroissement du Royaume de Dieu en attendant et en préparant activement son retour. Nous avons le pouvoir redoutable de hâter ou de freiner la venue définitive du Royaume.
En ce 2ème dimanche de l’Avent, saint Luc reprend les paroles de Jean Baptiste et d’Isaïe : " Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé. Toute montagne et toute colline seront abaissées. Les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées sont aplanies. " Préparer les chemins du Seigneur, hâter la venue du Royaume, c’est d’abord travailler sur soi-même. C’est dans son cœur que chacun de nous doit déblayer le terrain, faire le ménage pour se désencombrer de soi ; non pas à la force du poignet, non pas en étant tendu et dur avec soi-même, mais en se laissant envahir par l’Esprit, en se laissant aimer par l’Esprit Saint, en le laissant vivre en nous et prendre le plus de place possible. C’est l’Esprit, en nous, qui va nous aider à nous aimer nous-mêmes, à être fraternel avec nous-mêmes, car comment aimer les autres si nous ne nous aimons pas nous-mêmes ? Comment être serviable pour les autres si nous ne nous aimons pas nous-mêmes ? Vivant en paix avec nous-mêmes nous rayonnerons la paix.
Préparer les chemins du Seigneur, hâter la venue du Royaume, c’est regarder les autres et le monde avec les yeux du Seigneur. C’est écouter les autres avec les oreilles du Seigneur, c’est parler aux autres avec les mots du Seigneur, c’est aimer les autres et le monde avec le cœur du Seigneur. Il importe donc de nous laisser transformer par Lui, de prendre le temps de nous tourner vers lui. Il y a des gens qui prennent des bains de soleil en se laissant dorer au soleil. Il nous faut prendre des bains d’Esprit Saint en le laissant nous transformer, en nous laissant envahir par Lui car c’est Lui qui par nous et avec nous transforme le monde et le mène à son terme. Quand tout sera enfin prêt, le Fils de l’Homme reviendra cette fois définitivement pour parfaire et rendre éternel ce Royaume que nous aurons préparé.
La loi de Moïse comportait 613 articles ! 365 prescriptions négatives, c’est-à-dire 365 interdictions, autant qu’il y a de jours dans l’année. Et 248 commandements positifs c’est-à-dire des devoirs, autant que le nombre d’éléments qui composaient le corps humain selon la science de l’époque. Les légistes et les théologiens discutaient à n’en plus finir pour savoir s’il convenait d’établir une hiérarchie parmi tous ces règlements. C’est à une discussion de ce genre qu’on assiste dans cet évènement rapporté dans l’Évangile d’aujourd’hui. Discussion entre un scribe, c’est-à-dire un spécialiste de la loi et ce prophète Jésus de Nazareth. Il arrivait aussi, comme cela nous arrive à nous, qu’il y ait dans telle ou telle situation des hésitations, des conflits de devoirs ; deux lois qui semblent se contredire.
Alors le scribe pose la question à Jésus : " Y a-t-il un commandement plus important que les autres ? "
Jésus répond en citant le Deutéronome : ce fameux passage que tout juif connaît par cœur parce qu’il le récite tous les jours : " Écoute Israël le Seigneur Notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit. " Jésus continue en citant un passage du Lévitique " Tu aimeras ton prochain comme toi-même " et il ajoute " Il n’y a de commandement plus grand que ceux-là. " Le mot commandement est au singulier… Ce qui signifie qu’il y a deux commandements qui n’en font qu’un. L’un ne va pas sans l’autre, ils sont inséparables.
C’est ce que saint Jean nous rappelle dans sa première lettre, " Celui qui dit qu’il aime Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur. " Jésus dira aussi : " Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. "
Il y a donc le commandement suprême dont tous les autres doivent découler qui est le commandement de l’amour. La loi est donc au service de l’amour c’est-à-dire au service de Dieu. Toute loi doit être soumise à celle de l’amour. Toute loi qu’elle soit civile ou religieuse doit être soumise à celle de l’amour.
Il convient donc de nous interroger et de vérifier que tous nos règlements, et toutes nos lois sont bien au service de l’amour ; au service de la collectivité et au service de la personne y compris les plus faibles. Toute loi qu’elle soit civile ou religieuse doit être passée au crible de la loi suprême de l’amour.
À plusieurs reprises Jésus reproche à ses contemporains de confondre leurs traditions, leurs habitudes, leur application rigoureuse de la loi avec la Volonté de Dieu.
Devant tous les problèmes de société qui se posent de plus en plus à nous, quels sont nos critères ? Quelles sont nos références pour arrêter notre opinion ? Est-ce l’amour ou nos traditions ? Est-ce l’amour ou nos habitudes ? Est-ce l’amour ou notre culture ? Le magistère de l’Église doit aussi s’interroger quand il prend position sur telle ou telle question quels sont ses critères ? Quelles sont ses références ? L’amour ou ses traditions ? L’amour ou ses déclarations de tel ou tel pape des siècles passés ? L’amour ou des réflexes ? L’amour ou des règles dont parfois on a oublié pourquoi elles avaient été érigées ?
Quand nous nous interrogeons sur l’euthanasie, le traitement des embryons, la contraception, la morale sexuelle, quels sont nos critères ? Quelles sont nos références ? L’amour ou bien ce que nous ont appris nos ancêtres ? L’amour ou la morale de notre culture ? Bien sûr que ce que nous ont appris nos ancêtres et la morale de notre culture ont souvent été établis au nom de l’amour encore faut-il le vérifier et le justifier.
En ce qui concerne la loi morale et la loi religieuse, je ne peux pas me contenter d’écouter Radio-Vatican pour savoir ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser. Bien sûr le magister à des choses à dire, bien sûr, je dois connaître la pensée de la hiérarchie, mais j’ai le droit et le devoir de me poser la question, de lui poser la question : " est-ce vraiment l’amour ta référence ? " ou bien tes coutumes ? Est-ce vraiment l’amour ta référence ou bien tes traditions ?
Quand on a le pouvoir d’établir des règles et nous avons tous quelque part une parcelle de ce pouvoir, qu’on soit parent ou grands-parent, qu’on soit responsable d’atelier ou chef d’entreprise ou législateur ou pape, on ne peut pas dire à ceux à qui s’adresse ces règles : " c’est comme cela et pas autrement, c’est comme cela parce que ça s’est toujours fait. " Toute règle doit avoir pour but l’harmonie entre les personnes et l’amour de chacun. Et si on ne peut pas la justifier au nom de l’amour c’est peut-être que cette règle n’a plus sa raison d’être.
La question qui nous est posée aujourd’hui c’est celle-ci :
ß Croyons-nous vraiment que Dieu est Amour ?
ß Croyons-nous que Dieu seul est Absolu ?
ß Croyons-nous que l’Amour seul est Absolu ? et que tout doit lui être soumis ?
Car l’Amour c’est la vérité de l’homme.
Nous avons entendu en 1ère lecture les 1ers versets du livre des " Actes des Apôtres ". Ces versets relatent la dernière apparition de Jésus ressuscité à ses disciples et que nous rappelons l’Ascension.
Saint Luc, qui est l’auteur des Actes des Apôtres ouvre donc son 2ème livre par ce récit, alors qu’il avait conclu son 1er livre, l’Évangile par ce même récit de l’Ascension. Saint Luc fait ainsi de l’Ascension un évènement charnière : c’est la fin d’une période de l’histoire du Salut et le commencement d’une nouvelle période.
Pendant ces 30 ou 40 années de sa vie terrestre Jésus a été pour ses contemporains l’image de Dieu, l’incarnation de Dieu, la présence de Dieu sur terre, le sacrement de Dieu. C’est le Père Congar qui a développé cette idée reprise par Vatican II que Jésus est le Sacrement de Dieu. Ça veut dire que Jésus est parmi les hommes le Signe de Dieu et le moyen pour les hommes de rencontrer Dieu ; Et voilà que Jésus ressuscité se manifeste une dernière fois à ses disciples. Il les envoie en mission pour être les témoins de la Résurrection jusqu’aux extrémités de la terre. Il leur envoie son Esprit et il disparaît à leurs yeux. L’Incarnation de Dieu sur terre par Jésus de Nazareth prend fin à ce moment-là.
Jésus avait dit avant de mourir : " Il est bon pour vous que je m’en aille. En effet, du fait même qu’il soit un homme, Jésus était inévitablement un homme limité, semblable à tout homme (sauf le péché nous dit l’Écriture), sauf le péché mais avec les tentations, l’Évangile est très clair à ce sujet. Comme tout homme il était limité dans le temps et dans l’espace, limité par sa culture, celle de son pays et de son époque ; limité par son enracinement, limité physiquement, limité géographiquement.
Enfant d’Israël, il ne pouvait pas être, en même temps, asiatique, africain, ou américain.
Bien souvent nous avons du mal à accepter les conséquences de l’Incarnation. Nous pensons qu’en faisant de Jésus un homme comme nous, nous allons porter atteinte à sa divinité. Il n’en est rien. Jésus possédait la nature humaine à part entière et la nature divine à part entière. Sa divinité n’en faisait pas un surhomme ni un demi-Dieu. Homme, comme nous, pleinement homme. Voilà pourquoi entre parenthèse, il n’y a rien de scandaleux ou de blasphématoire dans le fait qu’un romancier imagine les tentations qui furent celles du Christ. Et il n’y a rien de scandaleux ou de blasphématoire qu’un romancier imagine que Jésus ait été marié ! Certes, ce n’est pas la foi de l’Église, mais ce n’est pas non plus scandaleux !
" Il est bon pour vous que je m’en aille " dit Jésus à ses disciples, parce que l’Esprit Saint va venir et lui, l’Esprit Saint habitant dans le cœur des hommes va rendre Dieu présent dans toutes les époques, tous les peuples et toutes les cultures. Dieu par l’Esprit Saint va être présent dans le monde entier et pour les siècles des siècles.
Dieu par l’Esprit Saint va agir par nous dans son peuple. Peuple de baptisés, de confirmés, ce peuple de Dieu que nous formons et qui s’appelle l’Église, va devenir à son tour Sacrement du Christ, c’est-à-dire signe du Christ parmi les hommes et moyen pour les hommes de rencontrer le Christ.
Nous sommes l’Église, nous sommes le peuple de Dieu, nous sommes le sacrement du Christ et voilà notre mission : rendre Dieu présent dans le monde, continuer son Incarnation.
Alors, il y a 36 manières de rendre Dieu présent dans le monde et chacun le fait avec ses qualités et ses défauts, dans la situation qui est la sienne. Mais chacun ne peut le faire qu’en union avec les autres chrétiens.
Chaque fois que nous sommes réunis en son Nom, il est au milieu de nous. Là en ce moment, par le fait même que nous soyons réunis en son Nom, il est au milieu de nous et nous le rendons présent car nous sommes le Corps du Christ. Et plus la qualité de nos relations sera grande, plus l’amour que nous nous portons sera grand, plus le Christ sera perceptible par nos frères.
Quand nous venons le dimanche écouter la Parole de Dieu, et nous nourrir du Corps du Christ, c’est beaucoup plus qu’une démarche personnelle, c’est déjà un acte missionnaire puisque nous rendons Dieu présent dans le monde.
L’Ascension, frères et sœurs c’est le commencement d’une nouvelle présence de Dieu dans le monde, mais cette présence, elle dépend de nous. Elle est entre nos mains. C’est notre responsabilité de baptisés. C’est cela la mission.
Non, l’Ascension n’est pas d’abord un événement du passé. Nous ne somme ni des anciens combattants, ni des conservateurs de musée, ni des archéologues. L’Ascension c’est d’abord un aspect de notre foi que nous avons à vivre aujourd’hui.
Nous célébrons le Verbe de Dieu, la 2ème personne de la Trinité, qui après avoir pris chair, après s’est fait homme, pleinement homme, retourne, si j’ose dire, au sien de la Trinité. Mais il n’y retourne pas comme il était avant l’Incarnation. Il revient avec son humanité, avec l’humanité entière qu’Il récapitule en Lui, et il l’insère, il l’intègre au cœur de la Trinité.
Dans le livre du prophète Isaïe Yahvé dit : « Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y remonte pas sans avoir arrosé la terre, l’avoir fécondée et fait germer pour qu’elle donne la semence, de même la Parole qui sort de ma bouche ne me revient pas sans résultat, sans avoir fait ce que je voulais et réussi sa mission. »
Le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, a accompli sa mission. Il est venu ramasser l’humanité et la diviniser. Par Jésus Christ l’Humanité est présente au sein de la Trinité.
Aussi par Lui, avec Lui et en Lui l’humanité est hissée jusqu’à ce rang. L’humanité est grandie et promue. Qui ne respecte pas l’homme, ne respecte par Dieu « Tout ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous le ferez ».
Comme Jésus Christ nous pouvons, nous osons dire à Dieu « Notre Père ». C’est un don, c’est un droit, mais c’est aussi une exigence. Notre comportement doit s’identifier à celui de Jésus Christ. Nos préoccupations, notre prière doivent s’identifier à celles de Jésus Christ. Que ta volonté soit faite… que ton règne vienne, que ton nom soit sanctifié.
Si l’humanité est divinisée et siège à la droite du Père, c’est aussi toute la création qui, par elle, est divinisée à son tour. L’homme est le sommet de la création, le point culminant de toute la création. Il a été constitué par Dieu gérant de la création et sa vocation est de la soumettre afin de la soumettre à Dieu.
Désormais dans l’univers plus rien n’est profane, tout est sacré. Tout ce qui intéresse l’homme, intéresse Dieu, tout ce qui intéresse Dieu, intéresse l’homme. L’homme est divinisé et Dieu est profondément humain. Ainsi contempler Dieu, s’unir à Dieu c’est communier avec le dernier des humains. Nous ne pouvons pas rencontrer Dieu sans être renvoyé à nos frères. « Celui qui aime Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur ».
Voilà la Nouvelle Alliance scellée définitivement, sans retour possible. Le sort de l’homme et le sort de Dieu sont liés pour l’éternité.
Ces grèves du 1er Mai furent terribles, certains journalistes n'hésitant pas à écrire que "le plomb est la meilleure nourriture qu'on puisse donner aux grévistes" ou encore que "la prison et les travaux forcés sont la seule solution possible à la question sociale". Bref, l'obtention des huit heures de travail par jour fut une longue et douloureuse lutte qui dure encore car cela n'est pas réalisé dans tous les pays. Car malgré les slogans généreux "prolétaires de tous les pays, unissez-vous" c'est encore à obtenir : les disparités qui sont causes des délocalisations et d'une partie du chômage chez nous sont encore trop énormes.
Cela n'est pas dû à l'égoïsme national des dirigeants et même au manque de vigueur et de solidarité internationale des militants syndicaux qui ne prennent pas le temps d'aller voir ailleurs comment cela se passe et de nouer des relations fraternelles avec les militants des pays pauvres. J'ai constaté moi-même en travaillant dans ce pays développé qu'est le Japon combien les ouvriers de ce pays, corvéables à merci (travaillant pour la plupart soixante heures par semaine avec huit jours de congé par an) étaient très sceptiques envers leurs syndicats, et quand ils ont su que je rentrais en Europe ils m'ont dit : " dis-leur, en France et ailleurs ce que nous avons à souffrir et à supporter, car il n'y a que la pression internationale pour améliorer notre situation".
Penser d'abord aux autres et même se sacrifier pour les autres, tel est l'esprit du Christ, la sève qui coule en nous, tel doit être l'esprit des disciples du Christ. Or, que voyons-nous ? Des lois économiques qui semblent régner comme des idoles. J'en citerais trois :
1/ Acheter le moins cher possible : en Guyane française on exploite du bois de la forêt avec le salaire minimum et la protection sociale garantie par la République. Au Brésil et au Surinam, les deux pays d'à côté, on exploite le même bois avec des conditions de travail terribles pour les ouvriers. La loi du marché pousse à acheter le moins cher, mais c'est là favoriser le moins humain. Autrement dit, cette loi du marché entretient le sous-humain. La solution consistera-t-elle à supprimer les lois sociales en Guyane pour aboutir à la parité des prix ? Sûrement pas : il y a certainement d'autres solutions.
2/ La productivité à tout prix : l'automatisation des pompes à essence en France a permis de supprimer 20.000 emplois. Or le coût de ces salaires ne représentait que 2 % du pris de l'essence. Même si le commerce y a gagné, la collectivité y a perdu, à la fois par le coût du chômage et surtout par le coût humain de tous ceux qui ont été exclus de tout service et de leur place dans la société. La mécanisation et le progrès technique doivent tenir compte de l'homme.
3/ La loi de l'argent qui rapporte sans rien faire. Il y a beaucoup d'argent en épargne et aussi des familles qui n'ont aucune réserves. Cet argent fructifie en grande partie dans des circuits de spéculations qui ne tiennent pas compte des investissements productifs. Ainsi les riches deviennent de plus en plus riches. Jusqu'où cette logique pourra-t-elle aller ? L'exclusion qui frappe des millions de personnes n'est-elle pas source de violences ? Le chômage retire à la société l'apport constructif des personnes qui ne demandent qu'à travailler. L'incertitude du lendemain empoisonnent l'éducation et la santé, et beaucoup trop de gens, cramponnés à ce qu'ils possèdent, se réfugient dans le conservatisme pour protéger leurs avantages.
Il nous faut vivre autrement, nous ont dit plusieurs fois nos évêques, mais les a-t-on entendus ? Il y a une vingtaine d'années déjà, les évêques nous demandaient de chercher de nouveaux modes de vie : par exemple :
- pourquoi deux salaires alors qu'un seul suffirait ?
- pourquoi travailler encore alors qu'on touche déjà une retraite ?
- le travail au noir est une faute grave.
- où est placé votre argent ? Comment rapporte-t-il ?
- l'éventail actuel des revenus est loin de correspondre au travail et au service rendu.
- la démagogie, le corporatisme, la façon égoïste de se tirer tout seul d'affaire, le haro sur un bouc émissaire, contredisent l'Evangile et la foi chrétienne.
Certains vont peut-être penser : "voilà un discours de syndicaliste de gauche, quel rapport avec l'Evangile ?" Le monde qui d'après Saint Jean est incapable de recevoir l'esprit, quand il le refuse est néanmoins animé par lui. Le défenseur promis par Jésus est à l'œuvre en nous et peut renverser des montagnes. Nous croyons en un Dieu incarné qui a quelque chose à nous dire sur la façon de mener notre vie.
André L'Hénoret
La personne de Jésus a apporté là quelque chose de radicalement nouveau. Avec Jésus, on ne peut plus parler de sacerdoce comme avant et nous n'en avons d'ailleurs pas encore assimilé toute la nouveauté. Car Jésus est le seul et unique prêtre, intermédiaire parfait entre Dieu et nous, en offrant sa propre vie et en étant, dans sa personne, la Parole de Dieu même.
Lui-même, en effet, a rompu avec le sacerdoce du Premier Testament, car il ne faisait partie ni de la famille des grands-prêtres, ni de la tribu de Lévi. En dehors de l'épître aux Hébreux qui est tardive, l'Evangile ou le Nouveau Testament n'emploient jamais le mot de prêtre appliqué à Jésus. Mais désormais nous dit St-Pierre, c'est tout le peuple de Dieu qui est sacerdotal. Les Chrétiens sont un peuple de prêtres, une nation sainte. Le sacrifice que doit offrir chaque baptisé ne fait plus partie de l'ordre des objets des animaux ou des rites, mais c'est une vie agréable à Dieu.
A chaque chrétien d'inventer la vie qui va exprimer sa foi. Grâce au Christ et en Lui, tous les de la nouvelle alliance deviennent temple de Dieu. A la suite du Christ, par Lui, avec Lui et en Lui, ils offrent le sacrifice spirituel de leur propre existence. Comme le dit St-Paul aux romains au chapitre 12 (des paroles à apprendre par cœur) "nous sommes appelés à offrir notre personne et notre vie en sacrifice saint : voilà l'adoration véritable."
Dès lors dira-t-on, il n'y a plus besoin de prêtres ? Pourtant, nous voyons Jésus instituer des ministres pour son Eglise, ou plus exactement des serviteurs. Ils ne prennent pas la place de l'unique prêtre qu'est Jésus et n'enlèvent pas à la communauté son caractère sacerdotal, ils sont les amis choisis par Dieu et élus par l'Eglise pour continuer l'incarnation de Jésus devenu invisible. Ils sont configurés au Christ pour poursuivre sa mission au milieu du peuple dont ils font partie. Mis à part pour l'Evangile, ils ne sont pas pour autant séparés de leurs frères. Au contraire, ils sont ceux qui rassemblent la communauté, la gardent dans l'amour, lui donnent la vie et la nourrissent par le Christ qui n'a pas voulu faire tout, tout seul.
Jésus, qui est-il donc pour être ainsi en mesure, depuis 20 siècles d'interpeller certains hommes et de les changer en disciples sans exercer sur eux d'autre puissance que celle de son attrait et de son seul souvenir ? Un souvenir actif, puissant, tel une présence aimée qui se communique de cœur à cœur, à travers des générations pourtant enfermées chacune dans un univers mental très imparfait. On a même vu dans l'histoire de l'Eglise cette transmission sembler irrémédiablement condamnée à disparaître, mais toujours des saints ont repris le flambeau pour transmettre l'Evangile jusqu'à aujourd'hui. Aucun homme, même le plus grand génie, n'a osé dire ces paroles: "je suis le chemin, la vérité et la vie." Il nous reste à découvrir, à mesure que l'univers se fait plus immense et divers, quel avenir le Christ nous a ouvert, quel achèvement nous attend si nous acceptons de devenir ses disciples.
Il existe des chrétiens qui demandent aux prêtres: "parlez-nous de Dieu et cela nous suffit". Question ambiguë. Certains chrétiens, en effet, semblent venir à l'Eglise pour avoir la paix, pour ne plus entendre parler des choses de la terre. Il y a dans la réponse de Jésus à la question "montre nous le Père", une déception, une souffrance, une lassitude qui nous est aussi adressée: "il y a si longtemps que je suis avec vous et vous ne me connaissez pas encore ? Qui me voit, voit le Père". Il y a désormais un moyen sûr pour ne pas se tromper de Dieu : écouter et regarder Jésus : qui m'a vu naître pauvre à Bethléem, a vu le Père, qui m'a vu, humble travailleur a vu le Père, qui m'a vu partager les pains a vu le Père, qui m'a vu guérir et pardonner, admirer et encourager, a vu le Père, qui m'a entendu dire "c'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruits", a entendu le père. L'Evangile nous trace un chemin où nous pouvons sans nous lasser et sans nous décourager, contempler Jésus l'homme que nous voudrions tous devenir.
André L'Hénoret
Ces deux compagnons découragés ont vécu la belle transformation qu'est la foi : une rencontre mystérieuse, une reconnaissance difficile et une nouvelle naissance dans l'Eglise. Ils rentraient à la maison la tête basse, une déception lourde à porter : la mort et la fin qu'ils croyaient définitive de celui qui les avaient enchantés et qu'ils avaient suivi avec ferveur.
Tout occupés qu'ils étaient avec leurs regrets et leurs soucis, il ne reconnaissent pas Celui qui est venu faire route avec eux. "Tout occupés qu'ils 'étaient", leur cœur était comme mort. C'est le sens de l'idéogramme chinois ou japonais pour désigner l'état d'occupation du cœur par les soucis : "isogashii", le cœur qui est mort, anéanti.
Et Jésus qui marche avec eux va faire revivre leur cœur en les écoutant longuement, en les laissant vider leur sac, comme on dit. Sans nier aucunement les faits qui ont causé leur déception, Jésus va leur proposer une autre interprétation, un éclairage nouveau par la parole de Dieu, car c'est la parole de Dieu qui sert de révélateur.
C'est St Ephrem, un diacre du IVème siècle qui écrivait : "dans sa Parole, Dieu a caché tous les trésors. Celui qui obtient en partage une de ses richesses ne doit pas croire qu'il y a seulement, dans la parole de Dieu ce qu'il y trouve. Il doit comprendre au contraire qu'il a été capable d'y découvrir une seule chose parmi bien d'autres. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de ne pouvoir épuiser la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau chaque fois que tu auras soif. Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne regrette pas ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part, mais ce qui reste est aussi ton héritage."
La parole de Dieu est inépuisable, elle est efficace, elle peut nous combler à partir de nos préoccupations, de notre espérance et même de notre désespoir. Dieu est présent même là où nous ne l'attendons pas, dans la croix elle-même qui devient une pièce maîtresse dans le projet de Dieu :"ne fallait-il pas que cela arrive ?" nous dit Jésus.
La bible sera toujours une grande lumière pour regarder nos vies d'une façon toute nouvelle. La bible toute entière introduit à l'évangile et le projet de Dieu se poursuit sans rupture. Cependant, toutes les explications de Jésus n'ont pas suffi à leur faire reconnaître la personne du Christ, il leur a fallu le geste de l'hospitalité d'abord puis le schéma de l'Eucharistie.
Rien ne se serait passé s'il n'y avait eu cette invitation "reste avec nous Seigneur, car il se fait tard…" c'est là que se joue notre liberté, car Jésus propose sa présence sans s'imposer et arrive le moment où il nous faut franchir le pas, comme le catéchumène adulte qui décide de recevoir le baptême, qui invite le Seigneur à entrer dans sa vie.
Jésus, vivant aujourd'hui, reste toujours aussi surprenant et son approche est mystérieuse et imprévue. Il ne se laisse jamais retenir, car il fait partie du monde de Dieu, même s'il reste présent sur les routes où marchent les hommes, mais caché et discret. Il peut être caché dans la relecture de la parole de Dieu, le signe du frère invité et servi et le signe du pain rompu dans l'Eucharistie qui nous conduit vers l'invisible.
Alors peut se réaliser une nouvelle naissance en Eglise. Tout a changé dans la vie de ces hommes : ils étaient découragés, ils sont joyeux, ils rentraient chez eux la tête basse, ils repartent revigorés vers la communauté, ils font la route mais dans le sens inverse. La reconnaissance de Jésus vivant construit l'église dans une confession de foi commune où commence aussi l'envoi en mission. Et c'est cette foi qui nous rend forts dans les épreuves et nous aide à bâtir un monde fraternel. Nous trouvons dans ce récit tout un résumé de la foi chrétienne.
Croire en la résurrection de la chair, c'est affirmer que c'est l'homme total qui est transformé, qui ressuscitera. Évitons de parler de l'âme immortelle (un concept grec qui n'est pas chrétien) ou encore de l'autre monde, comme s'il y avait deux mondes, dont le nôtre serait secondaire. Ne confondons pas l'autre monde avec un monde devenu tout autre. Il n'y a pas d'autre monde, d'autre vie, mais c'est ce monde qui devient tout autre et cette vie qui devient nouvelle. Car ce qui est à retenir dans la résurrection c'est l'idée et la réalité d'une transformation.
Pour mieux comprendre prenons une comparaison : quand on se promène en forêt, on peut voir des glands et des chênes. Celui qui n'aurait vu que des glands ne peut pas se représenter ce bel arbre qu'est le chêne. Et quand on voit le chêne, on ne doit pas se demander sous quelle forme le gland peut subsister en lui. Il est devenu ce chêne par une transformation radicale.
Ainsi, notre corps actuel n'est pas encore pleinement corps. Il ne sera vraiment corps que lorsqu'il ne sera plus un obstacle. Ce n'est pas pour rien que Jésus nous dit que nous serons comme des anges. Mais ne disons pas que notre corps deviendra un esprit, non, nous resterons des hommes, mais avec une réalité corporelle toute nouvelle.
St Paul parle de "corps spirituel" et il veut dire par là, un corps animé par l'Esprit de Dieu, l'homme parvenu à la liberté et devenir libre, c'est mourir à tout ce qui n'est pas amour et charité. L'homme est libre quand il est capable d'affronter la mort comme l'a fait Jésus. Une mort seulement subie est une pure destruction. Il nous faut consentir à notre mort comme une offrande volontaire, une remise entre les mains du Père.
Il y a en nous la vraie vie quand il y a de l'amour : quand nous avons travaillé avec les autres et pour les autres, quand nous n'avons pas visé le seul profit égoïste, quand nous nous sommes donnés, quand nous avons accompli notre tâche avec humanité, il y a déjà une part de nous-mêmes qui ressuscite, car nous construisons actuellement notre vie éternelle.
La résurrection du Christ nous apprend que nous avons deux naissances dans notre vie. Nous sommes tous passés par un premier stade de notre existence, dans le sein de notre mère. C'est là que nous avons tissé tout ce qui était nécessaire pour cet au-delà, pour cette vie d'après : des yeux pour voir alors que c'était l'obscurité, des poumons pour respirer alors qu'il n'y avait pas d'air, des mains pour saisir et il n'y avait rien à prendre, une langue pour parler sans pouvoir encore prononcer un mot, des oreilles pour entendre et c'était déjà le premier sens utile. Avions-nous une idée de cette autre vie qui nous attendait ? Non, mais l'aventure était déjà étonnante, nous nous préparions à une autre existence.
Et il a fallu naître, sans notre consentement, mais c'était déjà mourir à trop peu pour accéder à davantage. De même, ce qu'on appelle mourir n'est pas le mot de la fin. La mort n'a rien à voir avec le "nankou" breton, un squelette armé d'une faux qui réduit les vivants à néant. Ne serait-ce pas plutôt comme les rideaux d'un berceau que la mère écarte pour embrasser son enfant ? Pour ma part je fais confiance à Dieu, je fais confiance à ces témoins qui nous ont précédés. La vie aura le dernier mot, nous serons heureusement surpris.
Et pourtant, malgré cette amitié pour Marthe et Marie, on voit Jésus qui tarde à les rejoindre et qui laisse donc mourir son ami Lazare sans sa présence. Car Jésus ne se laisse jamais conduire seulemennt par ses sentiments, maiqs plutôt par la volonté de son Père. Il veut donc nous dire quelque chose par là : il a attendu que Lazare meure, car il le sait, il ne vient pas nous épargner la souffrance et le deuil, mais transformer, donner un sens à l'inévitable mort, car il sait déjà que la mort ne lui sera pas épargnée non plus.
Avons-nous remarqué que dans l'évangile, Jésus appelle presque toujours la mort un sommeil, nous invitant par là à changer notre conception au sujet de notre destin commun, la mort inévitable ? La mort est un sommeil et le tombeau le lieu où l'on se repose en attendant le réveil. St Paul le souligne également quand il écrit en l'année 51 aux Théssaloniciens (le premier écrit du N.T) " ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec Lui." Ou bien encore aux Corinthiens : "car le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis."
Marthe, comme la plupart des contemporains de Jésus croyait à la resurrection à la fin des temps, aux derniers jours. La nouveauté à laquelle Jésus lui demande de croire, c'est une résurrection présente :"Je suis la résurrection et la vie", affirme-t-il.
Voici donc la réponse de Dieu à l'unique et dramatique interrogation de l'homme, celle que pose à chacun de nous le face-à-face avec la mort. "Qui croit en moi, même s'il meurt vivra" : notre credo est simple et court : nous croyons en Jésus de Nazareth, mort et ressuscité. C'est le noyau central de la foi chrétienne. C'est simple comme un matin de Pâques.
Mais en attendant de mourir, il nous reste à vivre cela, à croire cela. Car pour quelqu'un qui croit au ressuscité, il n'est plus possible de mener une existence sans amour, sans espérance, sans joie partagée. Notre vie animée par la foi et la confiance en Celui qui est vivant, est pleine de résurrection, pleine de vie, pleine de joie.
Nous passons sans cesse de la mort à la vie, et c'est à nous que s'adressent ces dernières paroles de Jésus :"déliez-le et laissez-le aller". Sans cesse, nous avons à vivre ces passages quotidiens de la mort à la vie quand l'échec, la maladie, la perte d'un travail ou un deuil deviennent une occasion de nous relever et repartir. La résurrection dont nous parle Jésus n'est pas celle de Lazare, revenir à la vie que l'on avait avant de mourir, mais c'est passer à une vie toute autre et ce passage, ce transfert est déjà commencé.
Nous sommes en cours d'humanisation et ce sont nos décisions qui contribuent à faire de nous des hommes. Et comme on ne peut pas à la fois se donner et se garder pour soi, c'est en mourant à notre égoïsme que nous passons à la vie divine, à une nouvelle naissance.
Ainsi le message de Jésus d'aujourd'hui est une invitation à vivre pleinement, à vivre mieux qu'on a vécu jusqu'à présent, à vivre libre de toutes nos bandelettes, à réinventer l'espérance pour les hommes d'aujourd'hui.
Avec ce récit nous entrons plus avant dans le conflit qui va entraîner le procès et la mort de Jésus. C'est un conflit religieux. Les pharisiens auraient pu fermer les yeux sur le non-respect de la loi du sabbat : Jésus n'a pas été le seul à se trouver en infraction. Mais ce qui n'est pas admissible peur eux c'est que Jésus couvre ses audaces de l'autorité même de Dieu, comme le dit Jean dans un passage précédent : "non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l'égal de Dieu". De plus, il semblait saper la vie religieuse à la base, en accordant une telle importance à l'homme, en lui donnant une telle place.
En examinant avec attention ce récit, on peut voir que Jésus est vraiment le seul à avoir rencontré l'aveugle en vérité, le considérant comme une personne à part entière. Les disciples eux-mêmes n'ont vu en lui qu'un objet de discussion et de controverse : "qui est responsable de son état ? de son malheur ? Comment expliquer le mal dans le monde ?". Il semblait facile de dire que ce devait être une punition. Jésus répond seulement que Dieu aime cet homme et va se manifester par le don de la lumière et de la vie. Il n'entre donc pas dans une discussion philosophique ou théologique.
Les voisins de l'aveugle ne le rencontrent pas vraiment non plus. Eux qui étaient pourtant habitués à le croiser, ils ne sont même plus sûrs que ce soit lui, car il était seulement cette silhouette qui mendiait sur le bord de la route, que l'on voit sans voir, à qui l'on évite de parler.
Les pharisiens ne voient en lui qu'un sujet de litige et de catastrophe même, qui risque de donner de la notoriété et de l'assurance à ce Jésus qu'ils essaient d'éliminer. Pour eux, cet aveugle n'est pas quelqu'un de fréquentable et bien qu'ils l'interrogent, ils n'écoutent pas ses réponses et ne sont que mépris envers lui : "tu n'es que péché et tu voudrais nous faire la leçon ?".
Les parents de l'aveugle, eux aussi, parlent de leur fils en se gardant bien de prendre position pour ne pas être inquiétés. Ce fils aveugle leur a probablement toujours été un poids lourd, il est adulte maintenant, "qu'il se débrouille ! ". On voit donc des parents qui refusent même de se réjouir avec leur enfant pour cette entrée dans la lumière.
Oui, il n'y a que Jésus qui ait vraiment rencontré cet aveugle. Le texte d'ailleurs commence par ces mots : "en passant, Jésus vit un aveugle de naissance". Il ne détourne pas les yeux, il ne passe pas comme un somnambule, il ne fuit pas. Il le voit et après avoir répondu à ses disciples sans donner de solution magique à la grande question du mal, il lui applique le remède dérisoire des guérisseurs de cette époque, sa propre salive et il engage alors l'aveugle à faire une démarche :"va te laver à Siloë". Cette invitation est un appel à se lever, à collaborer, à faire confiance. L'aveugle y va et l'incroyable se réalise : un nouveau monde de liberté lui est donné, le chemin de l'autonomie et du salut lui est ouvert.
Après toutes les péripéties de l'interrogatoire, Jésus veut maintenir le dialogue et vient retrouver l'aveugle. Et c'est alors cette conversation, cette rencontre où Jésus se livre entièrement et qui aboutit à cette reconnaissance qu'est la foi :"Je crois, Seigneur" et il se prosterna devant lui. Nous avons la le récit vivant d'un dialogue respectueux, de personne à personne, qui a porté ses fruits, une rencontre qui mène à la vie. C'est comme un miracle où le cœur de l'homme est changé, un clin d'œil de la part de Dieu qui vient sauver l'homme.
Oui, Jésus-Christ, aujourd'hui comme hier, est sauveur. Chacun, quel qu'il soit, en Le regardant, en L'écoutant, peut être certain d'être entendu, accueilli et aimé. Jésus continue d'être sauveur avec nous et par nous quand les hommes inventent des remèdes capables de soulager, de guérir, quand ils luttent contre les forces de mort que sont l'injustice, l'égoïsme et l'exclusion.
Pour la lumière qui éclaire ceux qui n'ont plus de repères, pour ces lueurs d'espoir qui font reculer la fatalité, pour le souffle de liberté que l'Esprit suscite en nos cœurs, pour le feu allumé grâce aux vrais partages et aux dialogues que nous pouvons avoir, nous pouvons remercier le Seigneur et redire notre foi commune au Dieu sauveur.
Les textes de ce jour fourmillent de références à l’A T Abraham quitte tout pour obéir à Dieu et réaliser la Promesse, l’Alliance qui fait de lui le père des croyants et le béni de Dieu ( c’est le sens de l’expression « tu deviendras une bénédiction » ) . La bénédiction a un lien avec la fécondité, elle produit toujours quelque chose, elle améliore, elle sanctifie ce qu’elle bénit ; souvenons nous de la création du monde où Dieu bénit ses créations… En tout cas ce magnifique premier texte est bien un texte de création, c’est le second signe de l’alliance, le premier se situait
après le déluge au moment de l’arc en ciel .
Dans l’évangile Moïse et Elie sont présents 2 fois ; Moïse est le véritable fondateur de la religion juive, suivant les instructions du Seigneur il libère les hébreux de la servitude d’Egypte et surtout transmet les tables de la loi et il intervient souvent pour faire respecter cette loi.
Elie était attendu comme le messie, c’est le cas de le dire, puisqu’il l’annonçait et le préfigurait :
Jésus est plusieurs fois questionné pour savoir s’il n’est pas Elie qui revient…Elie qui est le prototype du prophète.
La transfiguration de Jésus est la manifestation de sa gloire, elle annonce sa victoire sur la mort…
La traduction du grec c’est la métamorphose…qui est un changement de forme ou de nature ;
D’autres traductions parlent d’une transformation …N’en disons pas plus car nous ne sommes guère plus informés que Pierre, nous risquerions de dire un peu n’importe quoi, comme lui qui avait très envie de fixer la situation en
construisant des tentes (allusion à la fête des tentes ) ; nous avons besoin de la foi pour croire,
malgré que la grâce qui nous est donnée maintenant est devenue visible comme le dit l’épître de Paul à Timothée.
Alors, qu’est ce que cette transfiguration nous enseigne, spécialement dans notre préparation de Pâques ? D’abord, insister sur la nature divine de Jésus, ça n’a pas pour conséquence de minimiser sa nature humaine ! d’un dimanche à l’autre les textes ne s’annulent pas mais se complètent ; nous continuons à faire de la catéchèse en accompagnant nos futurs baptisés…
Et puis, peut-être vivons-nous de mini transfigurations de temps en temps : sans tomber dans l’extase mystique qui n’est pas à la portée de tous, il y a des moments de grâce où on sent que quelque chose nous dépasse à l’occasion d’une rencontre, d’une cérémonie…Par exemple samedi dernier à l’église de la Madeleine nous avons vécu une mini transfiguration au milieu des 300 catéchumènes rayonnants de joie autour de notre archevêque.
Enfin rappelons nous que notre humanité est notre chemin vers Dieu : la tentation est suivie de la transfiguration et la mort de la résurrection… essayons de mieux diviniser notre quotidien par nos
efforts de carême qu’il s’agisse de prières, d’efforts sur notre comportement et sur notre relation avec les autres. Et puis, laissons-nous traverser par la Parole de Dieu suivant en cela la phrase de l’évangile qui figure au dessus de l’autel, « celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le. »
Cette marche vers Pâques. Hier l’archevêque a appelé solennellement les 264 catéchumènes dont Sébastien. Il a remis cette écharpe violette..
Toutes les lectures que nous allons entendre pendant ce Carême sont des catéchèses sur le Baptême. Ce baptême, dont nous allons renouveler les engagements, dans la nuit de Pâques.
Le 1er dimanche : Jésus est un homme. Un homme à part entière – semblable à nous en tout y compris les tentations qui sont celles de tous les humains.
Le 2ème dimanche : La catéchèse portera sur Jésus qui est le Fils de Dieu, membre à part entière de la Trinité divine. Il le montre dans la Transfiguration où il manifeste sa gloire, celle qu’il a depuis toute éternité.
Le 3ème dimanche : Ce sera la catéchèse sur Jésus qui donne la vie avec le signe de l’eau. Ce sera la rencontre de Jésus avec la femme de Samarie.
Le 4ème dimanche. Ce sera la guérison de l’aveugle où Jésus affirmera : « Je suis la lumière du monde ».
Enfin le 5ème dimanche de Carême : Jésus ressuscite Lazare et affirme « Je sui la Résurrection et la Vie. »
Le thème de ce 1er dimanche de Carême c’est : tout homme est soumis à la tentation. Jésus n’y a pas échappé mais il en sort vainqueur.
Il est clair que les lectures de ce dimanche nous présentent symétriquement : le vieil homme symbolisé par Adam, l’homme pécheur qu’il nous faut faire mourir en nous pour devenir comme le Christ l’homme nouveau vainqueur du mal.
Arrêtons-nous quelques instants sur ce récit de la Genèse pour lui régler son compte. Il a été si mal compris et caricaturé à l’extrême.
Défaisons-nous de toutes ces images infantiles et de cette Théologie étrange qui jaillissent dans notre esprit quand nous évoquons ce texte.
Non, si nous sommes pécheurs, si nous sommes victimes de la souffrance et de la mort, ce n’est pas parce qu’il y a 5 millions d’années un primate supérieur ressemblant à un pithécanthrope aurait fait des bêtises !
Regardons de plus près ce texte : « Dieu dit à Adam - Adam en hébreu c’est l’homme – ce n’est pas un personnage historique qu’on pourrait identifier et retiré du temps. C’est l’homme, c’est-à-dire nous tous et chacun de nous. « Tu peux manger des fruits du jardin, mais le fruit de l’arbre de la connaissance, vous n’en mangerez pas sinon vous mourrez. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Cela veut dire qu’il faut que tu acceptes ton état de créature, que tu acceptes de dépendre de Dieu. Si tu te coupes de Dieu, tu cours à ta perte.
Nous pensons quelquefois que notre époque est la plus troublée de toutes, avec ses violences, ses guerres, ses attentats et son insécurité. Mais l’évangile de ce jour nous présente l’époque de Jésus comme une époque réellement dramatique.
C’est au moment même où le roi Hérode met Jean-Baptiste en prison que Jésus décide de commencer sa mission : il lui fallait du réalisme et du courage. "Ayant entendu dire que Jean-Baptiste avait été livré…" comme lui-même aussi allait être livré trois ans plus tard, il se retira en Galilée. Il n’a pas volé au secours de son cousin, il ne s’est pas jeté dans la gueule du loup, car cet Hérode était un tyran dangereux (il avait fait tuer son demi-frère pour pouvoir épouser sa femme, Hérodiade). Jésus avait une mission urgente à accomplir et dès lors il choisit son pays, il choisit sa ville. Il quitte le petit village où il avait passé son enfance et sa jeunesse, sans même être compris par son clan, car c’est la liberté qu’il revendique. Et il va s’installer à Capharnaüm, une ville frontière, aux confins des deux états d’Hérode et de Philippe : Une garnison romaine avec des postes de douane. Un lieu de passage et de brassage de populations, étape importante sur la route de la mer allant de Damas à Césarée, un port romain sur la Méditerranée.
Mathieu cite Isaïe pour souligner la continuité de Jésus avec toute l’histoire de son peuple, aller au devant des hommes apparemment les plus éloignés de Dieu. La Galilée était une province où se mélangeait de nombreuses races, un pays ouvert où passaient les caravanes de l’Est, de l’Ouest et du Sud. Jésus a donc choisit la Galilée en évitant Jérusalem, la ville dite sainte et la Judée conservatrice, pour préféré cette contrée du Nord, ouverte à toutes les influences, suspectées et méprisées par les dirigeants de son peuple. Au milieu de ces gens, Jésus reprend la prédication de Jean-Baptiste : "convertissez vous, changez de vie !". Car nous avons tous un retournement à accomplir, nous ne sommes pas spontanément tournés ni vers Dieu, le tout autre, ni vers les autres. Nous sommes trop centrés sur nous-mêmes. Mais l’homme est ainsi fait qu’il peut toujours changer. Et partout dans le monde, dans les civilisations et dans les personnes ont peut déceler un progrès, un changement vers le haut.
Mais Jésus n’a pas voulu faire tout, tout seul : Dès le début il a voulu choisir des collaborateurs. Il les choisit parmi des gens ordinaires. L’aventure de l’Eglise a commencé ainsi, non pas par un miracle, mais par la situation banale de marins pêcheurs qui faisaient leur travail de tous les jours. Jésus appelle ses disciples non pas dans le cadre d’une fête religieuse ou d’une activité spirituelle, mais au cœur de leur vie quotidienne, en plein travail professionnel.
Je pense avec le théologien Jean Rigal qui vient d’écrire un article remarqué dans ‘La Croix’ de mercredi sur la nécessité de résister au repli ecclésial actuel, je pense que l’Eglise d’aujourd’hui ne doit confiné le prêtre dans le service du culte. Les prêtres, les diacres, les religieux et les chrétiens laïcs sont des envoyés dans le monde, au milieu des gens qui ne pense pas comme nous. C’est au milieu des indifférents, des agnostiques et des athées que nous avons à porter témoignage. Ne consacrons pas toutes nos forces à la liturgie !
La mission que Jésus propose à ses disciples marins pêcheurs est à comprendre en tenant compte de la réalité du temps. Pour les terriens qu’étaient les Palestiniens de l’époque, la mer était le lieu de tous les dangers et quand Jésus dit ‘je ferais de vous des pêcheurs d’hommes’ il ne leur parle pas de pêche à la ligne ou d’enfermer les gens dans un filet, mais au contraire de les soustraire au danger et au mal, de les rencontrer et de travailler à leur libération.
Dans la dernière phrase de cet évangile, Mathieu résume ainsi toute l’activité de Jésus : il proclame, il enseigne, il guérit. Il proclame la bonne nouvelle, c’est le mot grec ‘kérusson’ d’où vient Kérigme, ce mot évoque le crieur public d’autrefois qui ne fait pas de longs discours mais proclame bonne nouvelle : Dieu est là qui nous accompagne !
Il enseigne aussi, c’est le mot ‘didakson’, évoquant une activité plus didactique, plus développée, car Dieu s’adresse toujours à notre intelligence et à notre liberté. Enfin, il guérit et c’est le mot ‘thérapeuôn’ d’où vient la thérapeutique, la psychothérapie etc.… Jésus est cet homme plein de tendresse qui se laisse émouvoir par toutes les souffrances rencontrées sur son chemin. Et il poursuit sa mission par tous ses envoyés d’aujourd’hui.
André L’Hénoret
Nous avons écouté la Parole de Dieu. Nous avons entendu cette parole tirée du Livre de la Sagesse. « Dieu a créé l’homme pour une existence impérissable ». Nos frères incroyants doivent penser que nous sommes gonflés.. ou naïfs pour prononcer ces paroles devant un cercueil. Olivier était tout, sauf un naïf. Telle est sa Foi. Telle est la Foi de sa famille. Telle est la Foi de l’Église, telle est la Foi de notre communauté. C’est pourquoi tous les textes que nous avons choisis ensemble pour cette célébration affirment notre foi en la Résurrection.
Il y a quelques jours, je préparai avec Olivier une réunion destinée aux adultes qui se préparent au baptême et nous nous posions cette question : « Qu’est-ce que croire ? et nous sommes arrivés à cette conclusion que croire ce n’est pas d’abord une croyance. Ce n’est pas d’abord croire en Dieu ou croire en Jésus-Christ. Croire, c’est croire Jésus Christ. Croire Jésus Christ quand il nous dit : « Je suis la Résurrection et la Vie ». C’est croire Jésus Christ quand il affirme que ce que nous appelons la mort n’est qu’un passage, une Pâque. Croire, c’est croire ses disciples quand ils disent : « C’est vrai, le Seigneur est ressuscité, il est apparu à Pierre ». C’est croire saint Paul quand il affirme à Timothée : « Voici une parole sûre : « si nous sommes morts avec Lui, avec Lui nous vivrons ». C’est croire tous ceux qui ont donné leur vie pour affirmer qu’ils l’ont vu Vivant après sa mort. Et puis une parole nous réchauffe le cœur : cette parole que nous avons entendu tout à l’heure : « ce qu’ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils sont comblés.
Nous Frères et Sœurs, nous ne sommes pas des naïfs. Nous sommes humblement avec Olivier des maillons de cette immense chaîne de croyants qui pouvons témoigner que malgré nos hésitations, nos recherches et parfois même nos doutes, nous avons une relation réelle avec le Christ Vivant aujourd’hui.
Le 1er septembre, Olivier a été le premier à venir me distraire et me sortir de mes cartons de déménagement pour m’initier aux mystères de saint-Albert-le-Grand et me présenter ce que nous appelons la « Parole pour tous », groupe qu’il avait lancé et qui lui tenait à cœur. J’ai apprécié son accueil, sa gentillesse, son ouverture et son éternel humour. J’ai vite découvert un affamé de la Parole de Dieu. Et je ne peux m’empêcher de penser à la vocation d’Ezéchiel quand Yahvé lui tend le rouleau de la Parole de Dieu et lui ordonne « mange ». Olivier dévorait la Parole de Dieu et il la dévorait avec toute son intelligence et tout son cœur. De cette méditation, de cette rumination, il en tirait une conviction : « La priorité absolue à donner à l’amour, à la fraternité, à l’ouverture. »
Olivier aimait rappeler ses origines juives. Ce sont probablement ces origines qui lui ont donné cette faim de connaissance de la Bible et cette soif de savoir et cette grande ouverture du cœur lui permettait d’être en communion avec ses amis, nos frères juifs et musulmans.
Mon cher Olivier, maintenant tu as vas pouvoir éternellement interviewer Isaïe, Jérémie, Paul et toute la bande ! Que de questions tu vas avoir à leur poser. Alors demande-leur donc de nous envoyer quelque lumière. Mais demande-leur surtout qu’ils nous fassent grandir dans la foi, l’espérance et dans l’amour.
A la différence des autres évangiles, St Jean ne raconte pas le baptême de Jésus et il ne s’étend pas sur la prédication de Jean le Baptiste invitant à la conversion. Mais pour nous présenter la mission de Jésus, Jean l’évangéliste a conçu et écrit une semaine inaugurale, une première semaine rappelant la première semaine de la création du monde. Elle se termine par les noces de Cana, un récit symbolique qui concentre à lui seul tout le destin et la vie de Jésus.
Au cours de cette semaine selon St Jean, l’auteur accumule les différents titres de Jésus : après avoir dit qu’il était le verbe, la parole, il lui attribue toutes sortes de noms : la lumière du monde, le Fils unique, l’agneau de Dieu, Celui qui était avant, celui sur qui descend et demeure l’Esprit, le Maître, le Messie et le ‘Fils de l’Homme’ enfin. Il brûle donc toutes les étapes de la lente découverte de la personne de Jésus faites par les disciples, pour nous livrer d’emblée la véritable identité de son maître, qu’il n’a pourtant saisi, lui, qu’au bout d’une cinquantaine d’année de méditation. Ne nous étonnons pas s’il faut du temps pour découvrir la personnalité et la richesse du Christ.
Dans le texte d’aujourd’hui, Jésus est donc présenté comme l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. L’agneau (ou le mouton) et le péché : voici deux mots qui n’entrent pas dans les catégories mentales de l’homme d’aujourd’hui. Ce sont pourtant des mots que nous répétons à chaque messe, car se sont les mots de la profession de foi des premiers chrétiens, des mots porteurs de toute une théologie, de toute une vision de l’histoire et de l’homme. Impossible de les comprendre si nous pensons à l’image d’un mouton ou d’un agneau dans notre mentalité, symbole de naïveté, de douceur, de suivisme et de mièvrerie.
En fait, ces mots sont chargés d’histoire. Pour un juif du temps de Jésus, l’allusion à l’agneau était claire : chaque jour on immolait dans le temple de Jérusalem un agneau pour la purification des péchés du peuple. C’était aussi le souvenir de la libération d’Egypte et l’image du Messie à venir qui était présenté comme un bélier victorieux qui terrasserait les adversaires de Dieu. C’était pour les ‘anawims’, connaisseurs du prophète Isaï, l’image de celui qui donne sa vie, humblement, sans rien dire.
Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde : comme ce singulier est significatif : Jésus va porter sur lui et faire disparaître le mal du monde grâce au don de sa vie. Ce ne fut pas un combat en nombre et de l’extérieur, comme un commando qui répondrait à l’oppression par la violence, que Jésus a réalisé cette libération, mais en prenant sur lui, en se coltinant le péché du monde, en se faisant librement solidaire de tous les opprimés du monde.
Selon le témoignage de Jean-Baptiste, Jésus vient d’ailleurs. S’il peut nous sauver radicalement, c’est qu’il est plus qu’un homme. Il nous faut dépasser les apparences et les évidences rationnelles : « Je ne le connaissais pas » dit Jean-Baptiste, et c’était pourtant son cousin. Tant que nous en restons seulement à l’humain, nous ne connaissons pas Jésus. Derrière l’apparence banale de cet homme de Nazareth, tout un mystère se cache. Il est le Fils de Dieu, il est celui sur qui l’Esprit de Dieu est descendu et celui sur qui il demeure. Jean en effet a conclu son témoignage en disant : « Oui, j’ai vu et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu ». Le témoin est celui qui a vu, entendu, touché, non pas d’une connaissance acquise ou de celle qui viendrait d’un catéchisme appris par cœur, mais de la connaissance qui vient de la rencontre avec quelqu’un. Tout chrétien est un témoin de Jésus-Christ, alors posons-nous simplement quelques questions :
- Dans nos vies, souvent surmenées, quelle place donnons-nous à l’étude pour mieux connaître celui en qui nous croyons ?
- Sommes-nous capables de nous dire qui est Jésus pour nous et d’annoncer qui il est quand nous sommes questionnés ?
- Notre témoignage doit comporter des paroles et des actes, quelle décision suis-je amené à prendre aujourd’hui ?
C’est bien, en effet, la manifestation de son amour que d’avoir fait alliance avec nous. Et ce n’est pas par hasard si ce dimanche clôt le temps liturgique de Noël, car nous entrons demain dans ce temps que nous appelons étrangement le temps ordinaire.
La scène du Jourdain fait penser à celle de la création dans la Genèse, quand l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. Mais ici Jésus, s’il reproduit l’acte créateur, annonce surtout le salut : sa sortie de l’eau du Jourdain en est le signe. Notons qu’il y a une certaine analogie avec le baptême chrétien (particulièrement si on pense au baptême par immersion), mais il y a une grande différence : d’abord Jésus n’avait pas besoin du baptême étant pur de tout péché –ce qui explique la réticence de Jean-Baptiste- et puis il faudra la mort et la résurrection de Jésus pour donner au baptême tout son sens ; enfin n’oublions pas l’entrée dans communauté chrétienne qui est un élément important du baptême chrétien. Ici, ce baptême est une révélation. Révélation de la mission du messie qui se présente non pas comme un roi ou un chef capable de délivrer Israël de l’occupation romaine, mais comme le serviteur souffrant d’Isaï : «Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie » nous dit la première lecture.
Jean ne comprend pas de suite ce que ça implique, mais Jésus lui fait comprendre qu’ils sont là tous les deux pour faire ce qui est juste, selon le sens précisé tout à l’heure, c’est à dire faire la volonté de Dieu, accomplir une justice bien supérieure à toute logique humaine ; c’est en quelque sorte s’ajuster à Dieu ! Nous sommes là face à une expérience spirituelle si importante qu’elle est rapportée par les 4 évangiles de façon simple et grandiose.
La leçon que nous pouvons tirer consiste à vivre dans la foi de notre baptême, à renouveler ce chemin messianique, à faire ce que Dieu attend de nous. Ce n’est pas forcément facile de le savoir ; nous n’avons pas souvent la chance, comme Pierre dans la deuxième lecture où une vision lui demande d’aller porter la Bonne Nouvelle au centurion Corneille ! Peut-être que nous n’écoutons pas assez le Saint Esprit ! Il peut nous parler directement ou par l’intermédiaire de quelqu'un d’autre, bien souvent par la bouche des enfants. Toujours est-il que nous aussi, en tant que fils bien aimés du Père, nous devons aller au cœur de Dieu pour nous y reposer, nous y ressourcer et au cœur du monde pour témoigner de son amour.